Avez-vous besoin d’une montre connectée pour bien vieillir ?

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Dans les pays de l'OCDE, les progrès médicaux et sanitaires réalisés depuis le milieu du XIXe siècle ont presque fait disparaître les décès par accident physique ou infection passé 70 ans.

En France, en 2019, les 3 causes de mortalité les plus fréquentes chez les plus de 70 ans sont 1:

  1. Les maladies cardio-vasculaires
  2. Les cancers
  3. Les maladies neuro dégénératives.

Trois familles de pathologies qui se développent pour des raisons métaboliques, c’est-à-dire qu’elles ne se transmettent pas d’un individu à l’autre, comme les virus ou les infections.

Trois familles de pathologies qui nécessitent des traitements curatifs lourds, contribuent à ralentir leur progression et augmenter la durée de vie, mais sans empêcher la perte d’autonomie et la dépendance.

Trois familles de pathologies pour lesquelles les recherches mettent de plus en plus en lumière des facteurs comportementaux.

Dit autrement, votre mode de vie et votre environnement jouent un rôle dans le développement des pathologies qui provoquent la mort après 70 ans, mais aussi des dépenses de santé élevées ainsi que la perte d’autonomie et la dépendance.

Conscients de cette situation, les États incitent les citoyens à adopter un mode de vie sain afin d’augmenter leur longévité en bonne santé et donc de diminuer le coût social de la dépendance.

On regroupe les politiques de promotion de cette vie saine sous le terme de Bien Vieillir.

C'est quoi le Bien Vieillir ?

Le concept de Bien vieillir fait son apparition au début du XXIe siècle sous l’impulsion de l’OMS.

Dans un rapport épais, l’organisation mondiale pose le problème du vieillissement et de son impact sur la santé d’une part et le coût de sa prise en charge d’autre part.

Ce travail débouche sur la création d’une classification des vieux en fonction de leur état de santé.

L’État Français s’empare du bien vieillir et l’érige en but de vie pour les personnes âgées. Compte tenu du coût économique et social de la dépendance, un vieux doit être l’acteur de sa fin de vie et tout mettre en œuvre pour éviter la maladie et la dépendance.

Le Bien Vieillir fait l’objet de plans d’action, de politiques publiques et de financements fléchés. La machine est en marche et commence à porter ses fruits, mais il reste du chemin à parcourir dans un pays aussi peu préventif que le nôtre.

Pourtant, les chiffres sont sans appel quant à l’impact d’une vie plus saine sur notre longévité en bonne santé. Selon une étude réalisée par le CDC en 2009 :

70 à 80% des maladies chroniques pourraient être évitées en adoptant la bonne hygiène de vie.

Trois exemples pour mesurer les enjeux:

1. Alimentation et modes de vie

L’adoption d’un régime alimentaire régulé et une activité physique quotidienne peuvent prévenir ou retarder l’apparition de diabètes de type 2 pour les citoyens à haut risque de contracter la maladie.

Aux États-Unis, 53 participants à un groupe d’essais cliniques majeurs ont fait de l’exercice à intensité modérée, généralement en marchant en moyenne 30 minutes par jour, 5 jours par semaine. Ils ont aussi réduit leur consommation de graisses et de calories.

Leurs efforts ont abouti à une perte de poids soutenue d’environ 10 à 15 livres, réduisant leur risque de diabète de 58%. 

2. Pression artérielle et cholestérol

Un adulte ayant une pression artérielle saine et un taux de cholestérol sanguin sain a un risque considérablement réduit de maladie cardiovasculaire. Une réduction de 12 à 13 points de la pression artérielle systolique peut réduire les décès par maladie cardiovasculaire de 25%.

Une diminution de 10% du taux de cholestérol total réduit le risque de maladie coronarienne de 30%.

3. Mesure glycémique et diabète

L’amélioration du contrôle glycémique profite aux personnes atteintes de diabète de type 1 ou de type 2. En général, chaque baisse de point de pourcentage des résultats des tests sanguins A1c (par exemple, de 8,0% à 7,0%) peut réduire le risque de complications micro-vasculaires (maladies oculaires, rénales et nerveuses) de 40%.

Chez les personnes atteintes de diabète, les examens annuels des yeux et des pieds peuvent réduire la perte de vision et les amputations des membres inférieurs.

La détection et le traitement de la maladie oculaire diabétique avec la thérapie au laser peuvent réduire le développement d’une perte de vision sévère d’environ 50% à 60%. Les programmes complets de soins des pieds peuvent réduire les taux d’amputation de 45% à 85%.

Enjeu de santé publique, le bien vieillir est surtout un enjeu individuel de vieillesse en bonne santé, sans douleur et en pleine possession de ses moyens.

Et la recherche révèle que plus vous vous y prenez tôt dans l’adoption d’une hygiène de vie préventive, plus les effets seront bénéfiques.

Ce qu’on veut montrer à travers ces 3 exemples, c’est que la mesure régulière est aussi importante que l’adoption d’un mode de vie sain. Et donc, plus les mesures sont fréquentes, faciles et intégrées à une routine, meilleurs sont les résultats. Et donc, porter des wearables ou utiliser des OCS (Objets connectés de santé) chez soi peut contribuer à bien vieillir…

Vous n'avez pas seulement l'âge que vous avez. Vous avez tous les âges que vous n'avez jamais eus.

Kenneth Koch

Le fantasme du bien vieillir se fracasse sur le mur du déni

Sur le papier, c’est simple comme bonjour, mais dans les faits, le bien vieillir reste un concept formidable pour les rapports gouvernementaux et dénué de réalité palpable pour le commun des mortels.

Les actions préventives doivent se traduire par des résultats tangibles. Si vous adoptez une alimentation équilibrée, vous gardez la ligne. Le résultat est visible et vous mesurez vos efforts très simplement.

Mais comment savoir si une action préventive va jouer son rôle dans les 5, 10 ou même 35 années qui vous séparent de la survenance du problème contre lequel vous agissez aujourd’hui ?

Seul un moine zen peut s’engager sur une si longue période avec la certitude que ses sacrifices seront payés en retour.

Le problème du bien vieillir est donc d’offrir aux citoyens les moyens de mesurer immédiatement un impact de long terme.

Il manque à la discipline un élément clé : la mesure du résultat grâce à un indicateur fiable et scientifique.

Des indicateurs à la pelle

Les indicateurs ne manquent pas. Les scientifiques ont identifié plusieurs dizaines de biomarqueurs du vieillissement :

  • Des indicateurs génétiques qu’on mesure en observant l’activité cellulaire et l’ADN,
  • Des indicateurs biologiques dont des niveaux anormaux indiquent un vieillissement accentué de l’organisme. Citons la glycémie, les taux de vitamines, d’hormones et d’acides aminés ou encore la protéine C réactive (CRP) ultra-sensible. Ce marqueur de l’inflammation est corrélé à la durée de vie selon une étude réalisée sur 90000 personnes. 3 Des niveaux plus bas de CRP sont associés à une meilleure longévité.
  • Des indicateurs physiques, comme les sens, la mémoire, le poids ou le pourcentage d’eau dans la peau.

Comment mesurer toutes ces données ?

Comment mesurer tous ces biomarqueurs et en restituer simplement les résultats via un indicateur intelligible et facilement interprétable, c’est le casse-tête auquel sont confrontés les chercheurs en biotechnologies qui travaillent sur l’amélioration de notre longévité en bonne santé.

Quiconque a déjà cherché à interpréter les résultats d’une prise de sang est conscient de l’impossibilité pour un amateur de savoir à quoi s’en tenir avec ce charabia.

Pourtant, nous l’avons vu avec les exemples de comportements qui peuvent éviter ou retarder la survenue des maladies chroniques, la mesure des constantes est aussi importante que l’adoption d’un mode de vie plus sain.

Aujourd’hui, quelques applications tentent de délivrer un indicateur de longévité fiable.

Ainsi, Humanity, une application mobile lancée en 2021 prétend évaluer votre âge biologique et influencer sa progression en adoptant les bons comportements. Les effets de ces comportements, mesurés par vos wearables sont restitués sous la forme d’un indicateur quotidien sur 100. Plus vos comportements sont positifs, plus l’indicateur augmente et plus vous ralentissez votre vieillissement.

Il ne suffit pas de croiser trois données déclaratives pour évaluer l’âge biologique

Les biologistes de la longévité travaillant sur les traitements du futur qui pourraient ralentir le vieillissement doutent de la pertinence scientifique de Humanity.

Au stade actuel de la recherche, les scientifiques pensent qu’il faudra encore une bonne trentaine d’années pour développer un traitement qui permette à l’homme de ralentir son vieillissement.

En attendant, il ne suffit pas de croiser trois données déclaratives pour évaluer l’âge biologique – si tant est qu’il soit le bon indicateur – et dix minutes quotidiennes de cardio-training n’auront pas un effet radical sur votre longévité.

Toutefois, de nombreux travaux scientifiques ont montré l’impact positif pour la santé d’une activité physique régulière, d’un régime alimentaire sain, du jeûne intermittent, d’un sommeil régulier et d’une vie sociale animée.

Ce que proposent ces applications mobiles, ce n’est rien moins que de mesurer ces indicateurs pour en déduire un score et de montrer comment ce score agit sur votre âge biologique. Ce ne sont pas des dispositifs scientifiques, mais des incitations à adopter une vie saine dans l’optique de vivre plus longtemps en bonne santé.

Indirectement, l’utilisation de Humanity contribue à la démocratisation du « longétivisme », la recherche de solutions pour vivre plus longtemps en bonne santé.

Conclusion : l’avenir est dans la data

Les capteurs portables (wearables) ont été couramment intégrés dans une grande variété de produits commerciaux et sont de plus en plus utilisés pour collecter et traiter des paramètres physiologiques bruts en informations de santé numériques importantes.

Des recherches sont en cours dans le domaine du développement d’algorithmes, dans le but de traduire les données brutes des capteurs en résultats liés à la condition physique ou à la santé d’intérêt pour les utilisateurs, les patients et les prestataires de soins de santé.

L’avenir de la prévention en santé passe par la maîtrise de ces données.

Chez Cocoon Care, nous rêvons d’un monde où chaque citoyen dispose des informations utiles pour être acteur de son autonomie et de sa santé.

Un monde où les données jouent un rôle actif au service de « la révolution de la longévité ».

Sources:
  1. Global Burden Of Disease 2019 – France
  2. National Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion – The Power of Prevention – Chronic disease . . . the public health challenge of the 21st century (2009)
  3. Anti-Age Intégral – Bilan anti-âge et analyses médicales – Où en est votre corps et votre espérance de longévité ?
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